Etienne de Vaux
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ETIENNE DE VAUX
« Nulle terre sans Seigneur »
Quelques repères historiques dans le temps, à la naissance d’Etienne
La dynastie carolingienne régnera sur la France encore 130 ans environ.
L’histoire d’Etienne de Vaux commence vraisemblablement dans les années 1010/1020 (on situe sa mort vers 1060), c’est-à-dire 520 années (1/2 millénaire !) après le baptême de Clovis par Saint Rémi. ( cf notre chronique sur saint Rémi)
Deux races royales se sont déjà succédées au Royaume des Francs : les mérovingiens ont été depuis longtemps supplantés par les carolingiens.
Etienne de Vaux arrive dans l’histoire et sur la scène féodale lorsque le petit-fils d’Hugues Capet, Robert le Pieux, est roi. Il mourra sous Philippe I, arrière petit-fils d’Hugues Capet, si l’on se réfère à la date présumée de sa disparition, vers 1060. La troisième race royale, vient tout juste de naître, le roi n’est qu’un Grand Seigneur parmi les Seigneurs, l’ordre successoral (primogéniture par les mâles) n’est pas encore admis comme une évidence (les premiers capétiens feront sacrer leurs fils de leur vivant), leur domaine propre est beaucoup plus petit que celui de beaucoup d’autres grands seigneurs.
L’organisation politique repose sur une féodalité qui essaie de se structurer durablement pour asseoir ses pouvoirs propres, fixer ses revenus. Les seigneurs se considèrent comme les pairs du roi, et n’hésitent pas à contester les décisions du pouvoir central. Ils se battent souvent, trop même, entre eux. Ils ont à faire face aussi à une concurrence sournoise, et non des moindres, celle de l’Eglise, qui fait le roi par le sacre, et qui entend bien, elle aussi, être un grand seigneur, et avoir un droit de regard, et prioritaire, sur tout ce qui se passe au royaume de son « fils aîné ».
Etienne de Vaux.
Comme on le voit dans l’arbre généalogique ci-après, Etienne est le second fils de Renaud de Broyes. Les Broyes sont une grande famille de Champagne, très puissante dès le Xème siècle, qui avaient des possessions très considérables sur la partie ouest de la Haute Marne, notre région.
Ils avaient acquis (ou conquis) le fief de Vaux très probablement à la suite du démembrement des terres du Comte d’Andelot, à la fin de l’époque carolingienne. On nous rapporte en effet, que de nombreux seigneurs s’installèrent sur les bords du Rognon, à cette même époque.
Monsieur Delaborde, spécialiste de l’étude des premiers seigneurs de Joinville, rapporte qu’Aubry de Trois Fontaines, au XIIème siècle, appelle Etienne « Stephanus de Vallibus, juxta abbatiam Sancti Urbani » : il ne fait donc aucun doute qu’il s’agisse bien de Vaux-sur-Saint Urbain, lorsque l’on parle d’Etienne de Vaux.
Etienne va très vite s’imposer dans la hiérarchie seigneuriale. Bien que cadet, la hauteur de sa naissance lui permet de fréquenter la haute noblesse et de s’y faire des amis. Il va devenir le commensal d’Engelbert, Comte de Brienne, puissant suzerain de la région. Les Comtes de Brienne sont connus à cette époque pour être des pillards, et avoir infesté la région de leurs brigandages. Ils apprécient Etienne, jeune seigneur, lui même valeureux guerrier.
Etienne, déjà en charge de l’avouerie de l’abbaye de Saint Urbain près de laquelle il était né, se fait attribuer par Engelbert de Brienne, une partie de celle de l’abbaye de Montié-en-Der, et celle de la vallée de la Blaise.
Leur amitié est très grande, et Engelbert donne pour épouse à Etienne sa sœur, Adélaïde de Brienne. Ils allaient devenir les ancêtres d’une illustre lignée de grands seigneurs, à leur tour.
Notons à ce propos qu’à l’époque, il n’existait pas autant de titres de noblesse qu’aujourd’hui. Sauf exception, (et on le verra plus tard ici), le titre de Prince était réservé aux fils « de sang » de la lignée royale, celui de Duc aux très Grands Vassaux, de Comte aux Grands Seigneurs (son origine vient d’ailleurs d’une fonction administrative exercée au temps des carolingiens par les « missi dominici ») et de Baron, en principe les plus modestes (bien qu’il y en ait eu de beaucoup plus puissants que les Comtes, surtout à cette époque, le roi ne disait-il pas : je réuni tous mes barons ?).
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